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Catégorie : Triangle Dramatique

Que faire face à un Persécuteur ? (Δ 6e partie)

Que faire face à un Persécuteur ? (Δ 6e partie)

Cet article fait suite à l’article «Que faire face au triangle dramatique ? (Δ 5e partie)», il fait partie d’une série d’articles sur le thème du triangle dramatique. Il est conseillé de commencer à lire les articles dans l’ordre en commençant par le premier article.

Comment sortir d’une relation Persécuteur – Victime ?

Face à un Persécuteur la première chose à faire…est de se rendre compte que l’on est persécuté. Cela peut paraître bizarre mais face à un excellent manipulateur, notre premier réflexe peut-être de … nous remettre en question. Il y a des persécuteurs de type « tyranniques » et d’autres beaucoup plus subtils.

Voici donc une méthode pour tenter de sortir d’une relation Persécuteur – Victime

« Si la peur fait bouger, elle fait rarement avancer »

| Extrait de la chanson « La peur » du groupe No One is Innocent.

Identifier son déclencheur

La première chose à faire est donc d’identifier notre déclencheur. Comment est-ce que je sens que je suis persécuté ?

  • On peut s’en rendre compte par la réflexion
  • Cela peut être une sensation physique (mal de ventre, je rougis)
  • Cela peut-être une remise en question: qu’est-ce que j’ai bien pu faire pour qu’il me dise ça ?
  • On peut se dire: « j’aurais du dire… »
  • Une émotion, la colère par exemple

En résumé, il est important d’identifier son déclencheur, qui est très certainement différent d’une personne à l’autre. Vous devez pouvoir répondre à la question: est-ce qu’à ce moment là, la personne en face de moi jouait au persécuteur ?

— Vous n’avez pas compris ? Ils m’ont suivie. Ils savent que je suis là.
— Il y a toujours 3 choix. 1) Combattre. 2) Inhiber. 3) Fuir, énonce Isidore.

| Lucrèce Nemrod & Isidore Katzenberg dans le Rire du Cyclope – Bernard Werber

Quelle réaction ?

Une fois que l’on a pris conscience que l’on est persécuté il faut…réagir. Différentes réactions sont possibles:

Dans le film Monsters & Co, les monstres découvrent que la joie produit beaucoup plus d’énergie que la peur

A) Réagir: contre-manipuler, utiliser l’humour, utiliser l’ironie, déminer la situation, se faire aider de son supérieur, prendre conseil chez une tierce personne (psychologue, coach). La palette des réactions possible est large. A noter que vous pouvez réagir même après coup, le lendemain d’un évènement par exemple.

B) La fuite: par exemple quitter un service rempli de persécuteurs

C) Ne rien faire: Ne pas choisir…c’est effectuer un choix. Ce n’est pas une technique conseillée car vous et votre inconscient allez intégrer la persécution. C’est comme être en colère contre soi-même à la longue vous allez en payer les conséquences.
Mais il est important de savoir que même si vous ne faites rien, vous faites un choix inconscient, celui de subir.

Bientôt, la conclusion de la série sur le triangle, avec peut-être un invité surprise…

Bruno.

Que faire face au triangle dramatique ? (Δ 5e partie)

Que faire face au triangle dramatique ? (Δ 5e partie)

Cet article fait suite à l’article «Le Sauveur (Δ 4e partie)», il fait partie d’une série de billets sur le thème du triangle dramatique. Il est conseillé de commencer à lire les articles dans l’ordre en commençant par le premier article.

Nous avons vu les différents rôles: Victime, Persécuteur et Sauveur. Nous avons également vu comment jouer ces rôles peut vous desservir (voir les effets pervers).

L’idéal est donc bien entendu de refuser de jouer, de sortir de ces rôles…de sortir du triangle.

Dans cet Article nous allons nous concentrer sur comment sortir d’une relation Victime – Sauveur. Voici donc une méthode pour rester dans une relation saine d’entraide, pour vous et pour l’autre.

Voici 4 questions à vous poser: si vous pouvez répondre « oui » à ces quatre questions, c’est que vous n’êtes pas en train de jouer et que vous êtes dans une relation d’entraide équilibrée. Si au moins une réponse est « non« , vous êtes en train de jouer.

Ces questions sont:

1. Est-ce qu’il y a eu une demande (claire) ?

Est-ce qu’on vous demande votre aide explicitement ? Ou êtes vous plutôt face à quelqu’un qui se plaint. Parfois la personne a juste besoin d’être écoutée et n’est pas encore dans une démarche de recherche de solution à son problème.

2. Est-ce que je suis disponible ?

Comment sortir du triangle ?
Comment sortir du triangle ?

Si une demande a été énoncée, est-ce que j’ai le temps nécessaire pour m’en occuper ?

Par exemple: je dois quitter à 17h pour aller chercher mes enfants, et on me demande de l’aide à 16h55. Ma réponse sera non. Une meilleure réponse peut être aussi: « Non mais demain entre 9 et 11 je serai disponible avec plaisir ! »

3. Ai-je les compétences ?

Suis-je compétent pour la demande ? Est-ce que j’ai l’expertise nécessaire pour aider la personne. Si mon collègue a un problème avec son ordinateur, suis-je la meilleure personne pour l’aider et lui donner des conseils pertinents ?

Si je ne me sens pas compétent, je peux rediriger vers quelqu’un qui a la compétence. Dans notre exemple peut-être un spécialiste ou vers une équipe de support  ?

4. Y-a-t il un échange ?

Est-ce que dans la relation j’estime recevoir en juste proportion que celle que je donne ? Ou bien est-ce au contraire à sens unique ?

MISE A JOUR: Suggestion d’une 5e question par Véronique Messager: « Est-ce que j’en ai envie ? »

Pour illustrer ceci, une séance de coaching, modélise une relation saine d’entraide, en effet.

Il y a une demande claire: c’est la personne qui vient voir le coach, pas le coach qui démarche.

Le coach et le client sont disponibles, il y a eu prise de rendez-vous et donc engagement.

Le coach a les compétences pour aider la personne. Si la personne lui soumet un sujet hors de sa compétence, il redirigera son client vers une personne ayant les compétences requises. Exemple: un coach qui ne travaille pas avec les enfants pourra rediriger vers un de ses pairs dont c’est la spécialité.

Enfin Il y a un échange : la séance pour le client, échange financier pour le coach. Et à titre personnel, une séance de coaching m’apporte aussi toujours quelques chose en tant que Coach.

Prochain Article: que faire dans une relation Victime – Persécuteur ?

Bruno Sbille.

Le Sauveur (Δ 4e partie)

Le Sauveur (Δ 4e partie)

Cet article fait suite à l’article «Le Persécuteur (Δ 3e partie)», il fait partie d’une série de billets sur le thème du triangle dramatique. Il est conseillé de commencer à lire les articles dans l’ordre en commençant par le premier article.

Dans l’extrait du film, on aperçoit clairement celui qui joue le rôle de sauveur. C’est le personnage qui propose plein de solutions à son collègue.

Le rôle de Sauveur, a différentes caractéristiques:

  • Il vient vous aider spontanément (même si vous n’avez rien demandé)
  • C’est un peu le héros du service (qu’est-ce qu’on ferait sans lui !)
  • Il est disponible (pour vous aider)
  • Il est bon, généreux, altruiste, fort, courageux

Comme pour les autres rôles, quand on joue le sauveur, il y a des bénéfices:

  • Ça comble mon besoin de reconnaissance (Haaa, si je n’étais pas là !)
  • Cela me permet de fuir mes propres problèmes, en me focalisant sur ceux des autres
Fireman
Certaines professions dans notre société sont associée au rôle de Sauveur

De quoi ai-je besoin pour jouer le Sauveur ?

  • De quelqu’un, d’une victime à sauver
  • De n’importe quel prétexte (quelqu’un qui soupire peut suffire)

Malgré ces bénéfices, le rôle est également assorti d’effets pervers, souvent moins  évidents:

  • Le sauveur va rendre les autres très passifs: Pourquoi chercher une solution à mon problème ? Autant attendre le sauveur…
  • Lors d’un travail de groupe, Il peut rendre les autres dépendants
  • Il est intrusif, finalement on ne lui a rien demandé.
  • A un moment il peut passer en mode persécuteur et vous dire: « Après tout ce que j’ai fait pour toi ! »

Maintenant que nous avons vu les différents rôles, la semaine prochaine nous allons voir comment éviter les effets pervers et comment sortir de ces rôles.

Bruno Sbille.

Photo issue du film « Oui, mais… » de Yves Lavandier.
Photo de pompier par Protagonist.

Le Persécuteur (Δ 3e partie)

Le Persécuteur (Δ 3e partie)

Cet article fait suite à l’article «La Victime (Δ 2e partie)», il fait partie d’une série de billets sur le thème du triangle dramatique. Il est conseillé de commencer à lire les articles dans l’ordre en commençant par le premier article.

Dans l’extrait du film du premier article, on aperçoit deux fois le rôle de persécuteur. Le premier étant le fameux «où est ma brosse à dents». Le second est plus subtil, à la fin du dialogue au sujet du cinéma, la victime se transforme brièvement en persécuteur: «Je te l’ai dit c’est pas si simple !».

Le rôle de Persécuteur, souvent appelé Bourreau dans la littérature, a différentes caractéristiques:

  • Méchant voir cruel, utilise le harcèlement moral
  • Utilise l’intimidation, la manipulation
  • Il peut être violent

Comme pour les autres rôles, quand on joue le persécuteur, il y a des bénéfices:

  • Sentiment de toute puissance…je suis craint…donc respecté !
  • Ça me permet d’évacuer ma frustration, ma colère
Dans le film Cyprien, Laurent Stocker illustre à merveille un rôle de persécuteur sur le lieu de travail

De quoi ai-je besoin pour jouer le persécuteur ?

  • De quelqu’un, une victime bien entendu
  • D’un prétexte
  • D’un environnement propice à la persécution. Par exemple quelqu’un vous manque de respect au travail, et votre responsable minimise l’incident. « Oui d’accord… sur la forme c’était incorrect, mais sur le fond il a raison » ou «Bah tu sais il est comme ça…mais bon… il fait son boulot !»

Malgré ces bénéfices, le rôle est également assorti d’effets pervers, sans doute plus évidents pour ce rôle, à savoir:

  • Vous faites souffrir votre entourage (vos victimes)
  • Utilisation d’un ensemble de pratiques malsaines

Voilà pour ce rôle, la semaine prochaine nous verrons le 3e et dernier rôle: Le Sauveur

En guise de conclusion, voici un extrait du film « Cyprien » ou Laurent Stocker illustre à merveille un rôle de persécuteur sur le lieu de travail.

Bruno Sbille.

Photos issues du film « Oui, mais… » de Yves Lavandier et du film « Cyprien » de David Charhon

La Victime (Δ 2e partie)

La Victime (Δ 2e partie)

Cet article fait suite à l’article «Qu’est-ce que j’aimerais pouvoir aller au cinéma… » (Δ 1ère partie)», il fait partie d’une série de billets sur le thème du triangle dramatique.

Aujourd’hui nous allons parler du rôle de la Victime. Loin de vouloir stigmatiser ce rôle, l’objectif de cet article est de le préciser. J’insiste: on parle d’un rôle que l’on joue, pas d’une personne.

Comme on peut le voir dans l’extrait (voir article précédent), la victime a différentes caractéristiques:

  • Elle est très souvent dans la « plainte »
  • Le « monde » est contre elle
  • Elle ne cherche pas de véritable solution à son problème
  • Elle peut énerver par sa passivité
  • Elle est souvent pleine de bonne volonté mais poursuivie par des catastrophes
  • Elle recherche la faute de quelqu’un (responsable de ses malheurs)
  • C’est un être pur, innocent réduit à l’impuissance

Dès lors pourquoi aurait-on envie de jouer la victime ? Que l’on joue l’un des trois rôles: (Victime, Persécuteur ou bien Sauveur) la raison profonde serait notre besoin d’être en relation. L’être humain a tellement besoin d’être en relation qu’il a inconsciemment créé ces rôles… Si tu es fâché contre moi, au moins tu n’es pas indifférent.

On joue aussi ce rôle car il y a des bénéfices:

  • Une victime a tendance à attirer l’attention, la sympathie (le pauvre, avec tout ce qui lui arrive…)
  • C’est une façon d’ignorer la part de responsabilité que l’on pourrait avoir dans nos problèmes
C’est trop injuste !

Pour pouvoir jouer la Victime, j’ai besoin d’une chose: un persécuteur, qu’il soit clairement défini ou non.

Mais finalement, est-ce « mal » de jouer la Victime ? Si j’ai besoin d’attention, voici un moyen d’en avoir non ?
C’est juste, jouer la victime peut vous amener des bénéfices. Malheureusement ce jeu est assorti d’effets pervers, qui peuvent vous faire souffrir, à savoir:

  • Vous attirez les Persécuteurs
  • En cas de travail en équipe, la Victime va énormément absorber l’énergie du groupe
  • A la fin, la victime a tendance à énerver, ce qui va valider sa croyance: on me persécute!

C’est un rôle d’autant plus courant que notre société actuelle a beaucoup tendance à nous victimiser.

« Avec La Crise… »
« Si je n’avais pas ce chef de service… »
« C’est la faute à la société! »

Voilà pour préciser quelque peu le rôle de « la Victime ». Le prochain article sera consacré au rôle du Persécuteur.

Bruno Sbille.

Photo issue du film « Oui, mais… » de Yves Lavandier.

« Qu’est-ce que j’aimerais pouvoir aller au cinéma… » (Δ 1ère partie)

« Qu’est-ce que j’aimerais pouvoir aller au cinéma… » (Δ 1ère partie)

Bonjour à tous et toutes,

J’aimerais vous introduire le sujet de ce billet par un extrait de film. Regardez et si vous vous reconnaissez ou reconnaissez des personnes de votre entourage, continuez à lire après avoir visualisé l’extrait :-). Il s’agit d’un extrait du film « Oui, mais…« 

Ces situations vous sont-elles familières ? Si ce n’est pas le cas, et bien elles le devraient car les rôles illustrés dans cet extrait, nous passons notre vie à les jouer. Nous passons notre vie à passer d’un rôle à l’autre. Ces rôles étant: La Victime, Le Sauveur et le Persécuteur. C’est ce qu’on appelle le Triangle Dramatique. Le Triangle Dramatique fait partie de L’Analyse Transactionnelle et des Jeux Psychologiques. C’est un modèle qui a été proposé par Stephen Karpman.

Dans l’extrait on peut apercevoir les différents rôles. Une personne qui joue le rôle du persécuteur: le fameux « Où est ma brosse à dents !? ». Une autre personne joue la victime: celui qui veut aller au cinéma. Et on aperçoit aussi celui qui joue le sauveur: celui qui essaie de l’aider. A la fin on peut même se rendre compte que la victime change de rôle et passe en mode Persécuteur. « Je te l’ai dit, c’est pas si simple ! ».

On parle de rôle et ce n’est pas anodin. Il faut vraiment le voir comme ça. Qui dit rôle dit jouer dans une pièce, et c’est exactement ce que nous faisons quand nous endossons un de ces rôles. Nous jouons inconsciemment dans une pièce. Comme au cinéma, on peut changer de rôle voire…refuser de jouer un rôle.

J’aime beaucoup le Triangle Dramatique (l’expliquer, pas le jouer 🙂 C’est pourquoi je vais vous proposer une série d’articles sur le sujet. La semaine prochaine, nous verrons plus en détail le rôle de la Victime.

A chaque fois que je publierai un article sur ce thème je mettrai à jour l’historique ci dessous:

Articles concernant le Triangle Dramatique:

1. « Qu’est-ce que j’aimerais pouvoir aller au cinéma… » (Δ 1ère partie)
2. La Victime (Δ 2e partie)
3. Le Persécuteur (Δ 3e partie)
4. Le Sauveur (Δ 4e partie)
5. Que faire face au triangle dramatique ? (Δ 5e partie)
6. Que faire face à un Persécuteur ? (Δ 6e partie)
7. Un dernier pour la route ? (Δ Dernière partie)

Prenez soin de vous,

Bruno Sbille.

Photo par Habub3