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Mois : avril 2012

Que faire face au triangle dramatique ? (Δ 5e partie)

Que faire face au triangle dramatique ? (Δ 5e partie)

Cet article fait suite à l’article «Le Sauveur (Δ 4e partie)», il fait partie d’une série de billets sur le thème du triangle dramatique. Il est conseillé de commencer à lire les articles dans l’ordre en commençant par le premier article.

Nous avons vu les différents rôles: Victime, Persécuteur et Sauveur. Nous avons également vu comment jouer ces rôles peut vous desservir (voir les effets pervers).

L’idéal est donc bien entendu de refuser de jouer, de sortir de ces rôles…de sortir du triangle.

Dans cet Article nous allons nous concentrer sur comment sortir d’une relation Victime – Sauveur. Voici donc une méthode pour rester dans une relation saine d’entraide, pour vous et pour l’autre.

Voici 4 questions à vous poser: si vous pouvez répondre « oui » à ces quatre questions, c’est que vous n’êtes pas en train de jouer et que vous êtes dans une relation d’entraide équilibrée. Si au moins une réponse est « non« , vous êtes en train de jouer.

Ces questions sont:

1. Est-ce qu’il y a eu une demande (claire) ?

Est-ce qu’on vous demande votre aide explicitement ? Ou êtes vous plutôt face à quelqu’un qui se plaint. Parfois la personne a juste besoin d’être écoutée et n’est pas encore dans une démarche de recherche de solution à son problème.

2. Est-ce que je suis disponible ?

Comment sortir du triangle ?
Comment sortir du triangle ?

Si une demande a été énoncée, est-ce que j’ai le temps nécessaire pour m’en occuper ?

Par exemple: je dois quitter à 17h pour aller chercher mes enfants, et on me demande de l’aide à 16h55. Ma réponse sera non. Une meilleure réponse peut être aussi: « Non mais demain entre 9 et 11 je serai disponible avec plaisir ! »

3. Ai-je les compétences ?

Suis-je compétent pour la demande ? Est-ce que j’ai l’expertise nécessaire pour aider la personne. Si mon collègue a un problème avec son ordinateur, suis-je la meilleure personne pour l’aider et lui donner des conseils pertinents ?

Si je ne me sens pas compétent, je peux rediriger vers quelqu’un qui a la compétence. Dans notre exemple peut-être un spécialiste ou vers une équipe de support  ?

4. Y-a-t il un échange ?

Est-ce que dans la relation j’estime recevoir en juste proportion que celle que je donne ? Ou bien est-ce au contraire à sens unique ?

MISE A JOUR: Suggestion d’une 5e question par Véronique Messager: « Est-ce que j’en ai envie ? »

Pour illustrer ceci, une séance de coaching, modélise une relation saine d’entraide, en effet.

Il y a une demande claire: c’est la personne qui vient voir le coach, pas le coach qui démarche.

Le coach et le client sont disponibles, il y a eu prise de rendez-vous et donc engagement.

Le coach a les compétences pour aider la personne. Si la personne lui soumet un sujet hors de sa compétence, il redirigera son client vers une personne ayant les compétences requises. Exemple: un coach qui ne travaille pas avec les enfants pourra rediriger vers un de ses pairs dont c’est la spécialité.

Enfin Il y a un échange : la séance pour le client, échange financier pour le coach. Et à titre personnel, une séance de coaching m’apporte aussi toujours quelques chose en tant que Coach.

Prochain Article: que faire dans une relation Victime – Persécuteur ?

Bruno Sbille.

Le Sauveur (Δ 4e partie)

Le Sauveur (Δ 4e partie)

Cet article fait suite à l’article «Le Persécuteur (Δ 3e partie)», il fait partie d’une série de billets sur le thème du triangle dramatique. Il est conseillé de commencer à lire les articles dans l’ordre en commençant par le premier article.

Dans l’extrait du film, on aperçoit clairement celui qui joue le rôle de sauveur. C’est le personnage qui propose plein de solutions à son collègue.

Le rôle de Sauveur, a différentes caractéristiques:

  • Il vient vous aider spontanément (même si vous n’avez rien demandé)
  • C’est un peu le héros du service (qu’est-ce qu’on ferait sans lui !)
  • Il est disponible (pour vous aider)
  • Il est bon, généreux, altruiste, fort, courageux

Comme pour les autres rôles, quand on joue le sauveur, il y a des bénéfices:

  • Ça comble mon besoin de reconnaissance (Haaa, si je n’étais pas là !)
  • Cela me permet de fuir mes propres problèmes, en me focalisant sur ceux des autres
Fireman
Certaines professions dans notre société sont associée au rôle de Sauveur

De quoi ai-je besoin pour jouer le Sauveur ?

  • De quelqu’un, d’une victime à sauver
  • De n’importe quel prétexte (quelqu’un qui soupire peut suffire)

Malgré ces bénéfices, le rôle est également assorti d’effets pervers, souvent moins  évidents:

  • Le sauveur va rendre les autres très passifs: Pourquoi chercher une solution à mon problème ? Autant attendre le sauveur…
  • Lors d’un travail de groupe, Il peut rendre les autres dépendants
  • Il est intrusif, finalement on ne lui a rien demandé.
  • A un moment il peut passer en mode persécuteur et vous dire: « Après tout ce que j’ai fait pour toi ! »

Maintenant que nous avons vu les différents rôles, la semaine prochaine nous allons voir comment éviter les effets pervers et comment sortir de ces rôles.

Bruno Sbille.

Photo issue du film « Oui, mais… » de Yves Lavandier.
Photo de pompier par Protagonist.