Archives de
Mois : mars 2012

Le Persécuteur (Δ 3e partie)

Le Persécuteur (Δ 3e partie)

Cet article fait suite à l’article «La Victime (Δ 2e partie)», il fait partie d’une série de billets sur le thème du triangle dramatique. Il est conseillé de commencer à lire les articles dans l’ordre en commençant par le premier article.

Dans l’extrait du film du premier article, on aperçoit deux fois le rôle de persécuteur. Le premier étant le fameux «où est ma brosse à dents». Le second est plus subtil, à la fin du dialogue au sujet du cinéma, la victime se transforme brièvement en persécuteur: «Je te l’ai dit c’est pas si simple !».

Le rôle de Persécuteur, souvent appelé Bourreau dans la littérature, a différentes caractéristiques:

  • Méchant voir cruel, utilise le harcèlement moral
  • Utilise l’intimidation, la manipulation
  • Il peut être violent

Comme pour les autres rôles, quand on joue le persécuteur, il y a des bénéfices:

  • Sentiment de toute puissance…je suis craint…donc respecté !
  • Ça me permet d’évacuer ma frustration, ma colère
Dans le film Cyprien, Laurent Stocker illustre à merveille un rôle de persécuteur sur le lieu de travail

De quoi ai-je besoin pour jouer le persécuteur ?

  • De quelqu’un, une victime bien entendu
  • D’un prétexte
  • D’un environnement propice à la persécution. Par exemple quelqu’un vous manque de respect au travail, et votre responsable minimise l’incident. « Oui d’accord… sur la forme c’était incorrect, mais sur le fond il a raison » ou «Bah tu sais il est comme ça…mais bon… il fait son boulot !»

Malgré ces bénéfices, le rôle est également assorti d’effets pervers, sans doute plus évidents pour ce rôle, à savoir:

  • Vous faites souffrir votre entourage (vos victimes)
  • Utilisation d’un ensemble de pratiques malsaines

Voilà pour ce rôle, la semaine prochaine nous verrons le 3e et dernier rôle: Le Sauveur

En guise de conclusion, voici un extrait du film « Cyprien » ou Laurent Stocker illustre à merveille un rôle de persécuteur sur le lieu de travail.

Bruno Sbille.

Photos issues du film « Oui, mais… » de Yves Lavandier et du film « Cyprien » de David Charhon

La Victime (Δ 2e partie)

La Victime (Δ 2e partie)

Cet article fait suite à l’article «Qu’est-ce que j’aimerais pouvoir aller au cinéma… » (Δ 1ère partie)», il fait partie d’une série de billets sur le thème du triangle dramatique.

Aujourd’hui nous allons parler du rôle de la Victime. Loin de vouloir stigmatiser ce rôle, l’objectif de cet article est de le préciser. J’insiste: on parle d’un rôle que l’on joue, pas d’une personne.

Comme on peut le voir dans l’extrait (voir article précédent), la victime a différentes caractéristiques:

  • Elle est très souvent dans la « plainte »
  • Le « monde » est contre elle
  • Elle ne cherche pas de véritable solution à son problème
  • Elle peut énerver par sa passivité
  • Elle est souvent pleine de bonne volonté mais poursuivie par des catastrophes
  • Elle recherche la faute de quelqu’un (responsable de ses malheurs)
  • C’est un être pur, innocent réduit à l’impuissance

Dès lors pourquoi aurait-on envie de jouer la victime ? Que l’on joue l’un des trois rôles: (Victime, Persécuteur ou bien Sauveur) la raison profonde serait notre besoin d’être en relation. L’être humain a tellement besoin d’être en relation qu’il a inconsciemment créé ces rôles… Si tu es fâché contre moi, au moins tu n’es pas indifférent.

On joue aussi ce rôle car il y a des bénéfices:

  • Une victime a tendance à attirer l’attention, la sympathie (le pauvre, avec tout ce qui lui arrive…)
  • C’est une façon d’ignorer la part de responsabilité que l’on pourrait avoir dans nos problèmes
C’est trop injuste !

Pour pouvoir jouer la Victime, j’ai besoin d’une chose: un persécuteur, qu’il soit clairement défini ou non.

Mais finalement, est-ce « mal » de jouer la Victime ? Si j’ai besoin d’attention, voici un moyen d’en avoir non ?
C’est juste, jouer la victime peut vous amener des bénéfices. Malheureusement ce jeu est assorti d’effets pervers, qui peuvent vous faire souffrir, à savoir:

  • Vous attirez les Persécuteurs
  • En cas de travail en équipe, la Victime va énormément absorber l’énergie du groupe
  • A la fin, la victime a tendance à énerver, ce qui va valider sa croyance: on me persécute!

C’est un rôle d’autant plus courant que notre société actuelle a beaucoup tendance à nous victimiser.

« Avec La Crise… »
« Si je n’avais pas ce chef de service… »
« C’est la faute à la société! »

Voilà pour préciser quelque peu le rôle de « la Victime ». Le prochain article sera consacré au rôle du Persécuteur.

Bruno Sbille.

Photo issue du film « Oui, mais… » de Yves Lavandier.